Montée en charge d’Electrocycle, l’Asso D3E

L’inventeur (principal) d’un régénérateur de piles alcalines & chargeur d’accumulateurs nous a reçu le 5 mars 2015 pour nous présenter son invention. C’est quoi une pile électrique & quels sont les enjeux environnementaux liés à ce futur DEEE ? Quelles sont les principales caractéristiques de l’invention qui nous a été présentée ? Quelles difficultés pour passer de l’invention à l’innovation ?

 

Les piles et leurs enjeux environnementaux

Les piles ?

Une pile est « un dispositif électrochimique qui convertit l’énergie chimique en énergie électrique grâce à une réaction chimique d’oxydoréduction. » (Wikipedia) Il en existe de plusieurs sortes : les salines, les alcalines et les accumulateurs. Bon marché, les salines sont à usage unique et essentiellement pour des utilisations intermittentes ne nécessitant pas une forte intensité.

Les alcalines ont une plus grande densité d’énergie et une durée de vie plus longue. Elles ne peuvent être rechargées intégralement, mais elle peuvent être régénérées jusqu’à une dizaine de fois.

Enfin les accus, plus chers à l’achat mais rentabilisés dès la 5e recharge, peuvent être rechargés plusieurs centaines ou milliers de fois selon les modèles.

Quels enjeux environnementaux ?

« Bien pratiques au quotidien, les piles sont une plaie pour l’environnement. Sur 27 000 tonnes de piles, un tiers seulement est collecté en vu du recyclage. Le marché des piles en France, c’est 600 millions d’unités vendues chaque année représentant 25 000 Tonnes. […] [voir aussi http://www.planetoscope.com/electronique/330-kilos-de-piles-vendues-en-france.html ] Seulement 32% des piles vendues ont été collectées et recyclées sur 875 millions de piles consommées en France en 2004. 70 % des piles sont jetées dans la poubelle ou dans la rue ! Il faut 50 fois plus d’énergie pour fabriquer une pile alcaline que ce qu’elle fournira pendant toute sa durée de vie. » http://www.encyclo-ecolo.com/Piles (consulté le 9/03/2015)  

Les caractéristiques de cette invention ?

C’est en ayant en tête, la face sombre des piles, que notre inventeur, à l’occasion d’un concours sur l’énergie, a amélioré certains procédés et en a inventé d’autres.

La régénération est connue depuis les années 1980. Un certain nombre d’appareils, souvent commercialisés uniquement par correspondance en l’absence de circuit de distribution existent déjà.

La nouveauté tient à plusieurs points. La simplification du dispositif de régénération. Un design particulier destiné à répondre à l’un des deux principaux risques mis en exergue par les fabricants de piles : la coulure. [L’autre risque en régénération – de l’avis d’un certain nombre d’expert très surévalué – est celui d’explosion.] Enfin, un packaging sous forme de 5 boîtes intégrant 4 régénérateurs pour différents formats et un chargeur. Ce dernier présente la particularité de revitaliser certains accus que bien d’autres chargeurs considéreraient comme « décédés ». Ici, en mode graphique, le résultat d’un test sur un gisement de 63 piles.

Une petite série a été produite et des expériences auprès d’acteurs de l’économie sociale et solidaire sont en cours. Mais l’invention penne à décoller.

Quelles difficultés pour passer d’une invention à une innovation ?

Il ne suffit pas d’avoir un bon produit pour que ce dernier perce. Il existe plusieurs blocages. L’un des plus importants est le système dans lequel nous évoluons. Nous sommes dans une société de consommation. Produire, même si les processus sont de plus en plus automatisés, créés des emplois. Vendre rapporte de l’argent. Si les usines de piles ont a peu près disparu du paysage industriel français. [Le processus de fabrication est très polluant et énergivore.] Il nous reste le commerce… Privilégier l’achat de piles salines et de piles alcalines c’est :

  • une économie à court terme pour le porte monnaie du consommateur lambda,
  • la croissance mais aussi le gaspillage de ressources qui in fine verront leur prix s’accroître et donc augmenter les profits (de certains).

Or, l’achat de piles rechargeables (les accus) n’est rentable qu’après un certain nombre de charges. Peu de nos concitoyens ont conscience de la pollution induite par les piles et de ces conséquences sur notre santé. D’où, le recours fréquent à la réglementation pour pousser vers des comportements plus vertueux. Mais ces règlements, doivent aussi composer avec le fait que changer les technologies coûte cher aux producteurs. Il faut plusieurs millions d’euros pour construire une usine et le marché doit être rentable le plus longtemps possible.

Les enjeux financiers comme l’inertie des consommateurs sont donc des blocages importants.

Un autre blocage peut être trouvé dans la difficulté de rentrer sur un « marché » à la rentabilité incertaine.
A ce propos, le positionnement de l’entreprise qui a permit l’émergence de cette invention ne semble pas complètement claire. Serait-elle prête à favoriser la diffusion de l’invention en proposant d’utiliser une licence libre ou d’accepter qu’elle s’élève dans le domaine public ?
Conscient des difficultés de trouver des gisements de piles (l’accueil de cette invention auprès des éco-organismes est encore incertain) qui pourrait rendre, sinon rentable, du moins viable son invention,  l’inventeur, a imaginé une utilisation collective de sa création. Il a pensé aux acteurs de l’économie sociale et solidaire que notre association connait bien.

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Pour l’aider dans ses efforts visant à améliorer le réemploi des piles, nous lui avons proposé de nous associer. Ensemble on est plus fort !

Bienvenue donc à Philippe qui renforce ainsi les effectifs de notre association qui passe donc maintenant à … 7. Tous bénévoles,  et très occupés par ailleurs par nos différentes activités professionnelles.

Cyril
Le 9/03/2015

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